Retour du Japon.
Une chose me saute au yeux lors d'une de mes nombreuses pérégrination dans le campus universitaire du Mirail: beaucoup d'éléments de l'architecture tant critiquée de la fac semblent avoir une parenté avec.. les anciennes maisons japonaises.
Pour commencer par des justifications j'aimerais bien sûr préciser que je ne suis pas du tout un fervent défenseur du "tout béton" et de la sobriété froide. Mon but n'est pas d'appuyer les critiques déjà si nombreuses concernant ce fameux amas de cubes disposés à la va vite, il s'agit plutôt là d'une analyse un peu différente et méliorative de cet endroit qui m'a longtemps laissé sceptique quant à son charme particulier.
Un des premiers éléments qui m'a mis sur la voie de cette surprenante mise en parallèle est la présence de nombreux petits jardins éparpillés par-ci par-là, ces espèce de micro doses de végétation, qui par beau temps ne manquent pas du tout de charme. Surtout si une des fenêtres de votre salle de cour donne directement sur cet espace vert intime.
On y trouve souvent un petit banc, aux lattes de bois si usées mais qui accueillent encore les pauses clopes et/ou café si méritées d'étudiants contents de trouver là un lieu de pause.
Mine de rien, ce micro climat n'a jamais, d'après mes observations, subi de dessèchement (à part quand, l'herbe laisse la place à de la terre sèche après les nombreux piétinements d'étudiants) ou de débordements "tropicaux" (on y trouve une multitude d'espèces végétales et certaines sont bel et bien rares). Ces bois de quelques mètres cubes sont bien entretenus et les branchages vont rarement agresser les énormes couloirs et les baies vitrées.
Ces minis jardins ne vont pas sans me rappeler les anciennes maisons japonaises où souvent, au détour d'un couloir grâcieux, vous tombez sur des zones vertes exactement de la même surface et où la verdure y mène une existence complètement ignorante de votre présence. A la différence des aménagements du Mirail cet espace intime de végétation n'est pas faite pour y accueillir un banc ou autres activités humaines mais juste pour susciter une émotion visuelle. Une espèce de composition spatiale.
Au campus du Mirail, l'intérieur des petits bâtiments entourant ces carrés verts trouve souvent de la lumière grâce à d'énormes baies vitrées coulissantes. Ce ne sont certes pas de grandes portes amovibles à la japonaises recouvertes de fin papiers blancs mais dans dans l'esprit de profondeur spatiale et de pénétration de lumière j'y vois beaucoup de points communs. La vue que proposent ces baies du Mirail est beaucoup plus agréable quand elle donne sur les petits parcs carrés que sur une vue bétonnée.
Les salles de cours sont en général faciles à aménager et les choses n'y sont pas fixées et immuables. Tout comme une pièce lambda d'une maison japonaise l'intérieur est plutôt minimaliste.
Les grands couloirs reliant les différents UFR peuvent aussi être considérés comme des lignes de force. Surtout la rythmique que forme l'alignement de piliers dans le jardin juste devant l'arche. Symétrie et régularité evoquent par écho lointain la rigeur et les lignes épurés japonaises.
(Photographie extraite du site: http://www.la-gargouille.org/spip.php?page=articlec&id_article=73 )
"Jardin interne" typiquement japonais auquel je fais référence dans cet article concernant
les carrés verts du campus du Mirail.
(Photographie provenant du site: http://www.chevalets.net/categorie-1251216.html )
D'ailleurs dans les bâtiments vous avez de petits couloirs étroits beiges, d'un crépi doux pas très joli, ils ne vont pas sans rappeler les étroits couloirs parcourant tout le pourtour de ces anciennes maisons japonaises. Surtout quand vous croisez à travers une vitre (encore) ces mini jardins dont j'ai parlé plus haut.
Ce sont des endroits rares et où l'on se sent en intimité tout en étant dans un espace public.